Parole d'ange...

Déjà, quand mon fils était petit, je lui chantais la chanson mon ange d'Éric Lapointe. Le prendre dans mes bras, le serrer contre mon ventre désormais vide mais rempli d'éternité, ayant pour unique doudou la couverture de moulte caresses et pour lit le creu de mes mains toujours ouvertes... Cet enfant, intemporel, est pourtant arrivé au bon moment. Il a fait de ma vie un présent, si présent. Gabriel, un nom présenti par les anges et qui a forgé dans mon ventre le centre d'une vie nouvelle. En moi, il a remué ciel et mère... Autant de coups de pieds pour me signaler la vie, sa vie, la nôtre...

Je t'ai aimé dès la première ligne rose affichée sur la fenêtre d'un test souhaité positif. J'ai entendu ton coeur battre à 6 semaines alors que tu n'étais pas plus long que cette ligne rose qui s'affichait autant à ma fenêtre que dans mon coeur. Je t'ai attendu...si longtemps... Pas plus longtemps que les autres femmes pourtant, mais il me semble que chaque heure était porteuse de cette attente. À chaque semaine, mon âme et mon corps te faisaient une place grandissante. J'ai trompé l'attente avec tant de produits laitiers et j'ai baptisé tous tes mouvements de ton prénom. Déjà, dans l'ombre de mes entrailles, je t'appelais Gabriel. Il faut dire que dès que ton sexe nous fut révélé, ton prénom t'a été assigné assez rapidement. À toi qui te demande, du haut de tes presque 10 ans, si je t'aime... À toi qui te demande si ta soeur a pris ta place... À toi qui se peine pour un album de bébé dont les mensurations sont manquantes...Je tiens à te dire qu'aucun livre ne pourrait contenir toute la joie que tu m'as procuré en faisant de moi une maman, ta maman... Je t'aime Gabriel...Je t'aime...mon grand garçon...Depuis 10 ans et pour les siècles à venir !!!!
Ta maman,
Lynda xxxxx


S'il est un Dieu, il me plaît qu'il soit vent... Ma vie étant soufflée par l'une ou l'autre de ses directions. Vent du nord, j'en ai ressenti si souvent ses frissons: Vent de lassitude, vent de tristesse, vent de travers ou vent d'hiver... Vents divers... Vent du sud, comme une brise qui ne brise rien. Un baiser sur la peau aux effluves printanières, qui charrie les odeurs du foin et de l'enfance; de l'amour aussi ! Vent d'ouverture, en dessous des couvertures de la nuit, qui amène la vie dans son petit réveil, qui extirpe la nuit de son sommeil: vent d'est ou de soleil. À l'ouest...Là ou tout s'incline, tout se couche, tout s'en va... Des anciennes flammes, des vestiges du temps, des souvenirs de rayons, le soleil en haillons, là où dorment certaines histoires qui jadis furent lumineuses. Éole, qui par sa bouche me pousse à me dire, par un murmure ou par un cri, parce qu'il vente toujours en moi et en dehors... Parce que la vie est un...éternel coup de vent...